inner space

Installation lumino-cinétique et sonore. (2015)
Bois, plexiglas, LED, moteurs, acastillage, électronique et grains de riz.


« this zone I think of as ‘inner space’, the internal landscape of tomorrow that is a transmuted image of the past… [the surrealists are] the iconographers of inner space, all concerned with the discovery of images in which internal and external reality meet and fuse. »  J.G. Ballard

 

Inner Space propose une expérience au-delà ou en-deçà du logos, hors du champ de la formulation verbale, qui se vit par, et à travers, le corps.

 

Cette œuvre, entre installation et performance, est délibérément ancrée dans l’expérience sensible. Elle plonge le spectateur dans une obscurité quasi totale, Il lui faut quelques secondes d’adaptation avant de discerner une vaste machine lumineuse et sonore du volume d’une chambre à coucher standard (2.8 m par 4 m par 2.3 m de haut, l’espace habité de l’intime). A l’intérieur de cet espace, des lignes de lumière apparaissent, disparaissent et se déplacent, construisant des sensations d’espace en mouvement par l’intermédiaire des reflets des lumières animées sur les murs intérieurs.

 

L’intensité lumineuse générale est très faible, comme dans certaines pièces de James Turell. Le spectateur est plongé dans des situations d’états limite de la perception, où il doute de la nature de ce qu’il voit. Les lignes de lumière suggèrent une présence fantomatique, dont l’incarnation est à peine perceptible. Elles se meuvent et dessinent comme des gestes.

 

Les sensations spatiales sont accompagnées par un environnement sonore qui participe à l’ambiguïté perceptuelle : les sons des moteurs qui animent le dispositif sont captés en temps réel, amplifiés et déformés, se superposant aux sons réels des moteurs.

 

Les compositions spatiale et sonore, alternant entre ordre et désordre, entre hasard et déterminisme, entre intention et chaos, provoquent des transitions perceptuelles, ces moments d’incertitude où notre perception est en suspension, incapable de trancher entre deux interprétations différentes du monde.

 

Improprement appelées « illusions », ces situations suscitent des questionnements sur la nature de ce que l’on appelle le réel. Le spectateur actif (au sens où il a accepté de dialoguer corps à corps avec l’installation) projette sa propre subjectivité dans l’œuvre. Il est mené face au doute, condition nécessaire à toute possibilité d’invention de soi.

 

Inner Space bouleverse les habitudes perceptives du spectateur en le poussant aux limites de ses sens et le renvoie à l’épreuve de son propre corps. Le spectateur n’est pas englobé dans l’œuvre, il y est confronté. Le projet propose une expérience esthétique proche de la transe, un arrachement au corps social qui questionne la mécanique des sens et les racines de l’identité. Il exprime la fragilité, et l’absurdité de toute quête de perfection.

 

 

Conception installation : Christian Delécluse

Création sonore : Diemo Schwarz

Electronique : Interface-Z
Co-production : Arcadi, Le Cube – art 3000

Equipe Projet :

Raymond Dodard, Marysol Kraviez, Sophie Kohn, Sonia Saraya

Contacts diffusion :

Carine Le Malet – carine.lemalet@art3000.com

Julien Taïb – julientaib@gmail.com

 

 

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Lire l’article paru dans Europost

 

Lire le manifeste historique des atronauts of inner space (1966)