la likerie

Robots autonomes interagissant avec le réseau social Instagram (en cours)

moteurs, bois, plexiglas, LED, enceintes, tablette tactile.

Le projet « la likerie » est un projet collaboratif initié avec Jane Rioufol, auteure de webséries portant sur les cultures numériques. Il ironise sur la quête narcissique qui prévaut sur les réseaux sociaux, et le principe du like4like : aime-moi et je t’aimerai en retour. Il s’interroge également sur la valeur symbolique (et aussi marchande) des « likes » et des « cliks », dont l’économie aboutit à de nouveaux dispositifs inquiétants comme les « fermes à click », ces lieux où des humains sont (peu) payés pour cliquer sur des séries d’écrans de façon à activer des liens publicitaires rémunérés ou à faire monter la cote de popularité d’une page web.

 

Le principe du projet est simple, toute image postée sur le réseau Instagram avec le hashtag #lalikerie se verra gratifié d’autant de « likes » qu’il y a de robots « la likerie » connectés. Il s’agit de robots physiques : des doigst mécaniques qui cliquent physiquement sur des écrans tactiles affichant l’application Instagram.

 

Le like est systématique, quelque soit l’intérêt du contenu. Il perd ainsi son pouvoir de valorisation narcissique.

 

Les robots adopteront dans leur fonctionnement les principes du marketing viral. Ils n’hésiteront pas à aller faire leur auto-promotion en allant liker au hasard des images dans le flux incessant des images postées avec #selfie (350 000 000 de posts à ce jour) ou #l4l (littéralement like4like, 150 000 000 de posts à ce jour).

Les robots la likerie sont présentés alignés dans un même espace, recréant une ambiance d’usine robotique suscitant une sensation ambigüe d’inquiétude et de fascination. Leurs mouvements, s’accompagneront de flashs de lumières et des sons de leur respiration, évoquant le « fantôme dans la machine ».

 

Les plans des robots seront distribués en open source, permettant à n’importe qui de les fabriquer chez soi et de rejoindre le mouvement « lalikerie ». Chaque nouveau robot mis en lien viendra augmenter le nombre de likes obtenus pour chaque image estampillée #lalikerie.

 

« la likerie » s’insère ainsi par l’humour et l’absurde dans l’écosystème de la valorisation narcissique par les réseaux sociaux. Il vient « hacker » le réseau Instagram, en simulant les gestes d’une personne humaine. Une revanche du monde physique sur le monde virtuel ?

 

 

article paru dans les échos « pour un like avec toi… »